La sexualité masculine après un cancer de la prostate constitue un enjeu majeur de la qualité de vie des patients. Les troubles sexuels après cancer, souvent liés aux effets secondaires des traitements, touchent une grande partie des hommes traités pour un cancer localisé de la prostate. Pourtant, cette thématique demeure encore taboue, peu abordée lors des consultations, et rarement exprimée par les patients eux‑mêmes.
Lors d’une récente permanence de l’APCLP (Association des Patients porteurs d’un Cancer Localisé de la Prostate), la présentation du mémoire de Clara Roth, étudiante en psychopathologie clinique psychanalytique, a remis ce sujet essentiel au centre des échanges. Son travail s’attache à analyser la vie intime après cancer, l’impact sur l’identité masculine, ainsi que les besoins d’un accompagnement post‑cancer adapté.
Un sujet sensible au cœur des préoccupations des patients
Les traitements du cancer de la prostate (prostatectomie, traitement focal, ultrasons) peuvent entraîner des effets secondaires sur la sexualité masculine, notamment :
- des troubles de l’érection,
- une baisse du désir,
- des modifications des sensations,
- une difficulté à se réapproprier son corps,
- une altération de la confiance en soi.
Ces transformations influencent non seulement la sexualité, mais aussi la perception de la masculinité. Un aspect que le mémoire de Clara explore à travers une analyse de l’identité masculine et des témoignages recueillis auprès de patients.
Beaucoup d’hommes rapportent que la sexualité, après une prostatectomie ou d’autres traitements, devient une source d’incertitude. L’impact psychologique du cancer de la prostate peut parfois être aussi important que l’impact physique, d’où la nécessité d’une rééducation sexuelle masculine et d’un soutien spécifique.
L’importance du recueil de témoignages
Au cœur du projet de recherche : les récits de patients. Ces témoignages de patients constituent une ressource précieuse pour mieux comprendre les réalités concrètes vécues après un traitement.
Ils révèlent :
- la difficulté d’aborder la sexualité post‑cancer,
- la persistance de nombreux tabous autour de la sexualité masculine,
- la nécessité de lieux ressources pour parler librement de la vie intime après cancer,
- l’importance du soutien du partenaire dans la reconstruction.
Cette démarche permet également de mieux cerner les besoins non exprimés, souvent liés à la pudeur ou à la peur de « mal dire ». Elle contribue ainsi à développer des actions d’accompagnement adaptées et à renforcer le rôle des associations, comme celui de l’APCLP.
Accompagnement post‑cancer : un besoin profond et légitime
L’un des axes centraux de l’étude est la prise en compte du soutien psychologique des patients dans l’après‑cancer.
La sexualité fait partie intégrante de la santé globale, et les patients ont besoin d’être informés, rassurés et accompagnés.
Le rôle de l’entourage ( conjoint, famille, professionnels de santé) apparaît déterminant. La maladie peut fragiliser l’équilibre du couple, créer des incompréhensions ou générer de nouvelles attentes. L’ouverture du dialogue est donc indispensable pour reconstruire une intimité sereine.
L’accompagnement proposé lors des permanences APCLP, avec un espace d’écoute libre et confidentiel, contribue à briser l’isolement. Les représentants de l’association confirment que la sexualité post‑opératoire fait partie des questions les plus fréquentes, mais que beaucoup de patients n’osent pas aborder spontanément.
Les permanences APCLP : un espace sûr et ouvert
Pour favoriser cette parole, l’APCLP organise des permanences chaque mois. Elles offrent un espace d’échange confidentiel et chaleureux. Les patients peuvent y poser leurs questions, partager leurs expériences et rencontrer d’autres personnes confrontées aux mêmes enjeux.
Prochaines permanences :
18 mars 2026
15 avril 2026
20 mai 2026
17 juin 2026
Ces rencontres abordent plusieurs sujets :
- sexualité masculine,
- qualité de vie après prostatectomie,
- effets secondaires des traitements,
- accompagnement psychologique,
- reconstruction de la vie intime.
Elles constituent un soutien précieux dans le parcours post‑cancer.
Pour aller plus loin
Deux membres actifs de l’APCLP ont partagé leur expérience. Leur témoignage apporte un éclairage concret sur la vie après un cancer de la prostate.
Voir la vidéo :
Lire notre communiqué de presse sur l’APCLP