Hydratation en hiver : pourquoi elle est essentielle pour votre santé urinaire ?

On associe souvent l’hydratation aux fortes chaleurs estivales. Pourtant, boire suffisamment d’eau ne concerne pas uniquement les périodes de canicule. En hiver, le risque de déshydratation existe également, parfois de manière plus insidieuse. L’air froid, le chauffage intérieur et une sensation de soif moins marquée contribuent à diminuer les apports hydriques. À la Clinique Urologique, l’hydratation fait partie des conseils donnés en consultation, notamment dans la prévention des calculs urinaires, des infections et de l’aggravation de certains troubles urinaires. Comprendre les mécanismes en jeu permet d’adopter des habitudes simples, mais efficaces, tout au long de l’année.

Pourquoi se déshydrate-t-on aussi en hiver ?

Contrairement à une idée reçue, la transpiration n’est pas le seul mécanisme de perte d’eau. En hiver, plusieurs facteurs favorisent une déshydratation progressive.

L’air froid est naturellement plus sec et contient moins d’humidité. À chaque respiration, l’organisme doit humidifier l’air inspiré. Ce processus entraîne une perte d’eau continue, invisible mais réelle. Le chauffage des habitations accentue ce phénomène en asséchant encore davantage l’air intérieur.

La peau, les muqueuses nasales et la gorge perdent ainsi plus d’eau, même en l’absence de transpiration importante. Ces pertes dites « insensibles » passent inaperçues.

Par ailleurs, la sensation de soif diminue avec le froid. On ressent moins le besoin de boire et l’on réduit spontanément ses apports hydriques. Cette baisse d’apport, associée aux pertes invisibles, favorise la concentration des urines.

Comprendre le rôle de l’eau dans l’organisme

L’eau est indispensable au fonctionnement de nombreux organes.

La salive, composée presque entièrement d’eau, facilite la mastication, la déglutition et le début de la digestion. Une hydratation insuffisante peut rapidement entraîner une sensation de bouche sèche et d’inconfort.

Le sang a également besoin d’eau pour maintenir une fluidité adéquate. Une bonne hydratation facilite la circulation sanguine et les échanges dans les vaisseaux. À l’inverse, un déficit hydrique rend le sang plus concentré, ce qui augmente la charge de travail cardiovasculaire.

En urologie, le rôle de l’eau est central au niveau des reins et de la vessie. Les reins filtrent le sang en permanence afin d’éliminer les déchets et de réguler l’équilibre hydrique et minéral de l’organisme. Lorsque les apports en eau sont suffisants, les urines sont plus diluées, ce qui facilite l’élimination des substances indésirables.

La vessie, quant à elle, stocke les urines produites par les reins avant leur élimination. Une hydratation adéquate contribue à « rincer » régulièrement les voies urinaires et à limiter la stagnation des bactéries.

Hydratation et prévention des calculs urinaires

La formation des calculs urinaires est étroitement liée à la concentration des urines. Lorsque l’on ne boit pas assez, les urines deviennent plus concentrées en sels minéraux (calcium, oxalate, acide urique). Cette concentration favorise la cristallisation et la formation de calculs dans les reins ou les voies urinaires.

En hiver, la diminution spontanée des apports hydriques peut donc augmenter le risque lithiasique, en particulier chez les personnes ayant déjà présenté des calculs.

Maintenir un volume urinaire suffisant est la mesure préventive la plus efficace. Des urines claires constituent généralement un bon indicateur d’une hydratation correcte.

Quelles sont les recommandations en matière d’hydratation ?

Selon les recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), une bonne hydratation quotidienne correspond à un apport total d’environ 2 à 2,5 litres d’eau par jour, en incluant l’eau contenue dans les aliments et les boissons.

Il est recommandé de répartir les apports tout au long de la journée et de ne pas attendre d’avoir soif pour boire. Cette régularité permet de maintenir une diurèse suffisante et des urines peu concentrées.

À titre indicatif, les besoins moyens sont d’environ :

  • 2 litres par jour chez la femme,
  • 2,5 litres par jour chez l’homme,

Ces valeurs varient en fonction de l’âge, de l’activité physique, du climat, de l’état de santé et de certaines situations particulières comme la grossesse ou l’allaitement.

Diversifier les apports hydriques

L’eau reste la boisson de référence. Toutefois, d’autres boissons peuvent contribuer à l’hydratation.

Les thés, tisanes et le café apportent également de l’eau à l’organisme lorsqu’ils sont consommés avec modération. Leur effet diurétique modéré ne compense pas l’apport hydrique lorsqu’ils sont intégrés raisonnablement dans la journée. En revanche, ils ne doivent pas remplacer l’eau comme boisson principale et sont à limiter en fin de journée en raison de leur effet stimulant.

En hiver, les boissons chaudes constituent une solution simple pour maintenir des apports réguliers.

L’alimentation participe aussi à l’hydratation

Une part non négligeable de l’apport hydrique provient des aliments.

Les fruits et légumes sont naturellement riches en eau et contribuent à l’hydratation quotidienne tout en apportant des fibres, des vitamines et des minéraux. Parmi les fruits riches en eau figurent le kiwi, la pomme, la poire et les agrumes. Côté légumes, le céleri, la carotte, le chou ou encore le radis participent également aux apports hydriques.

Les soupes et potages, particulièrement consommés en hiver, représentent un moyen efficace d’augmenter l’apport en eau. Les yaourts et certains fromages frais contiennent également une proportion importante d’eau.

Après 50 ans : une vigilance accrue

Avec l’âge, la sensation de soif diminue. Après 50 ans, il est fréquent de boire moins sans en avoir conscience. Cette baisse d’apport peut entraîner des urines plus concentrées.

Or, le risque de calculs urinaires augmente avec l’âge. Une hydratation insuffisante favorise la précipitation des sels minéraux et la formation de calculs rénaux.

Les infections urinaires sont également plus fréquentes, notamment chez les femmes après la ménopause et chez les hommes présentant des troubles prostatiques. Boire suffisamment contribue à éliminer régulièrement les bactéries présentes dans les voies urinaires et limite leur prolifération.

Enfin, des urines trop concentrées peuvent irriter la vessie et aggraver certains symptômes urinaires, comme les brûlures, les envies pressantes d’uriner ou les difficultés à uriner.

Conseils pratiques pour maintenir une bonne hydratation en hiver

Plusieurs mesures simples peuvent être mises en place :

  • garder une bouteille d’eau à portée de main,
  • instaurer des repères horaires pour boire régulièrement,
  • consommer des boissons chaudes non sucrées,
  • intégrer des soupes et des fruits riches en eau aux repas,
  • surveiller la couleur des urines.

En cas d’antécédents de calculs urinaires ou d’infections répétées, un avis spécialisé permet d’adapter précisément les recommandations.

 

En résumé

L’hydratation ne doit pas être négligée en hiver. L’air froid et sec, le chauffage et la diminution de la sensation de soif favorisent une déshydratation insidieuse. Boire régulièrement, répartir les apports sur la journée et adopter une alimentation riche en eau constituent des mesures simples mais importante pour préserver la santé urinaire. Ces conseils font partie intégrante de la prévention des calculs urinaires, des infections et de l’aggravation des troubles urinaires, notamment chez les patients de plus de 50 ans. Une hydratation adaptée reste l’un des gestes les plus efficaces pour protéger durablement les reins et la vessie, en toute saison.

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